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24 mars 2021

Le Gaec Barras, optimiser la marge sur coût alimentaire

A Ronno, dans les Monts du Beaujolais, le GAEC Barras est une affaire de famille. Le mot d’ordre ici est le bien-être… aussi bien pour les vaches que pour les éleveurs ! Rencontre avec Rémi Barras, l’un des associés, et représentant de la 5e génération d’éleveurs.

Technique, système de production ou développement commercial : les projets ne manquent pas aux associés du Gaec Barras, mais sans vouloir en devenir prisonniers.

A court terme, les objectifs techniques du Gaec Barras sont clairs : remonter à 8 500 kg de lait par vache après avoir perdu 1 000 kg suite à un problème en 2019 de conductivité dans la salle de traite, qui n’était plus reliée à la terre. Les taux cellulaires ont flambé pour dépasser les 400 000 cellules/ml. Les associés ont dû réformer 70 vaches. 

Mais pas question de remonter la production des vaches n’importe comment : le Gaec Barras veut avant tout optimiser la marge sur coût alimentaire, un critère technico-économique essentiel pour piloter le troupeau laitier. Après avoir échangé avec Lionel Guisard, leur conseiller technico-commercial et l’assistance Agronutrition de Neolait, il est décidé de valoriser encore plus l’herbe et les céréales produites sur l’exploitation.

Valorisation de l’herbe et des céréales

Le Gaec a choisi aussi de travailler avec des matières premières, soja et maïs grain. Selon le logiciel Neopro, la marge sur coût alimentaire s’est améliorée de 55 centimes par vache et par jour, soit plus de 30 000 € par an à l’échelle du troupeau. Les gains de productivité passent aussi par la gestion des taries, désormais conduites en deux lots. Deux bolus Dietevit Prepavel sont administrés au moment du tarissement, avant de mettre les taries sur une pâture le premier mois. Les vaches sont rentrées trois semaines avant vêlage pour une vraie préparation : leur ration se compose pour 1/3 de la ration des vaches laitières, de foin à volonté et du minéral Féro Phosphat INAM VT. Avec cette conduite des taries, les fièvres de lait ont disparu et les vaches délivrent facilement. Une productivité plus élevée signifie aussi moins de vaches à gérer, moins de travail et une meilleure utilisation de la stabulation sur aire paillée.

Vers l’autonomie fourragère

Le Gaec Barras s’est donné un autre objectif technique : l’autonomie fourragère. Mais les étés sont très secs depuis plusieurs années. Les associés ont construit une retenue d’eau de 25 000 m3. En 2020, et pour la première fois, ils ont dû arroser leurs prairies, ce qui a limité l’eau disponible pour le maïs, avec pour conséquence une perte de rendement et de qualité. « Faire face aux sécheresses à répétition sera clairement un défi majeur les prochaines années », affirme Rémi Barras.

En aval de la production, le Gaec Barras mise sur la transformation et la vente directe, en complément des livraisons à la laiterie. Aujourd’hui le Gaec transforme 150 000 litres de lait en yaourts, soit 15 000 unités par semaine. L’installation d’Elodie, la sœur de Rémi Barras, permettra de saturer l’outil de transformation avec le traitement de 200 000 litres de lait.

Vente directe aux collectivités

Tous les yaourts sont vendus et livrés en direct, principalement aux collectivités : écoles, lycées et EHPAD. Cette activité valorise le lait à 1 000 € les 1 000 litres. La pandémie Covid 19 a bien entendu impacté cette activité commerciale, avec une chute de 15 000 à 3 000 yaourts par semaine. Mais la transformation sur place du lait aura permis à Martine et Didier d’installer tous leurs enfants.

Si les associés de cette PME familiale ne chôment pas, ils n’en oublient pas pour autant leur qualité de vie. Pour se simplifier le quotidien, ils habitent tous à proximité de l’exploitation. L’objectif est que chacun se libère un week-end sur deux. Tous prennent 1 semaine de vacance en été, et bientôt ça sera la même chose en hiver.

La qualité de vie guide les choix

Certains choix ont été dictés par cette philosophie, comme par exemple l’investissement dans un roto de 30 places : l’installation limite le temps de travail et le nombre nécessaire de trayeurs. La solution du robot de traite n’a pas été retenue, pour ne pas risquer d’être appelé en-dehors des heures de travail. Un autre exemple : la gestion de la fertilisation. Le Gaec Barras laisse le soin à un voisin de venir et emmener le fumier pour alimenter son méthaniseur. Ce même voisin épand ensuite le digestat directement sur les parcelles du Gaec. Rémi Barras insiste sur « l’importance de trouver un bien-être dans l’équilibre travail et vie privée ». Ainsi, il commence sa journée en emmenant son enfant à l’école tous les matins, avant d’aller traire. Il fait également partie d’une fanfare, tout comme sa sœur et un de ses frères.

A long terme, le projet du Gaec Barras est de « s’ouvrir sur le monde » en communiquant auprès du grand public sur son exploitation et son métier. Les associés sont actuellement à la recherche d’un partenariat avec un autocariste pour faire visiter la ferme, proche de Lyon, afin d’expliquer le métier d’agriculteur aux citadins, de les sensibiliser concrètement au phénomène de sécheresse, et donc de contribuer à lutter contre l’agribashing !

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