Le démarrage des maïs a un impact direct sur son rendement. Le suivi de la levée, mais surtout de la vigueur de départ est capital. Souvent observé dès les premières semaines après la levée, il résulte de l’interaction entre le choix de la variété, les conditions de semis, du sol et du climat.

Nous vous expliquons tout dans cet article : qu’est-ce que la vigueur de départ, comment on l’évalue, et quelles autres observations peuvent être réalisées sur des maïs en début de cycle.

Vigueur de départ : késako ?

La vigueur de départ correspond à la vitesse et à la vitalité avec lesquelles la jeune plantule de maïs atteint le stade de sevrage, généralement situé entre 4 et 5 feuilles visibles. À ce stade, la plante cesse de dépendre des réserves de la graine et commence à s’alimenter directement dans le sol.

Une bonne vigueur de départ traduit donc une installation rapide et efficace du système végétatif.

Pour rappel, le suivi de ces bonnes pratiques au semis favorisera une bonne vigueur :

Pourquoi c’est important ?

Une plantule vigoureuse explore plus rapidement l’espace, capte mieux la lumière et accède plus tôt aux ressources du sol.

À l’inverse, un démarrage lent ou hétérogène peut pénaliser durablement la culture, notamment par une concurrence accrue avec les adventices et une sensibilité renforcée aux stress précoces.

Le démarrage est donc bien le premier socle du rendement.

Comment est-elle évaluée ?

La vigueur de départ ne repose pas sur un seul paramètre, mais sur la combinaison de 5 observations complémentaires :

1. Nombre de feuilles

Le comptage du nombre de feuilles s’effectue sur cinq pieds consécutifs. La première feuille prise en compte est la feuille dite « en cuillère », reconnaissable à son extrémité arrondie. Ce critère permet d’apprécier la précocité et la dynamique de développement.

Interprétation : L’idéal est que le plus rapidement possible, le maïs ait dépassé le stade 4-5 feuilles; stade à partir duquel la plante ne vit plus sur les réserves de la graine, mais va puiser dans les ressources du sol.

2. Hauteur des plantes

La hauteur se mesure à l’aide d’un mètre, en prenant systématiquement les mêmes repères. Le point bas correspond au niveau du sol tandis que le point haut est idéalement l’aisselle de la dernière feuille totalement sortie.

Interprétation : C’est un critère très morphologique, qui n’aura pas d’impact sur le rendement.

3. Couleur

La couleur du maïs est notée sur une échelle de 1 à 5 :

  • 1 : vert très pâle, presque jaune,
  • 3 : vert moyen,
  • 5 : vert foncé.

Interprétation : Il n’y a aucun impact de la couleur sur le rendement. C’est variétal ; certaines variétés sont plus claires que d’autres.

4. Densité de levée

La densité correspond au nombre de plantes effectivement levées par surface donnée. Une densité homogène renforce la vigueur globale perçue.

Petite astuce pour l’évaluer :

  • Pour un écartement inter-rangs de 75cm, comptez sur 13.33m. Pour une densité de 100 000 graines semée, vous devriez trouver entre 90 et 100 pieds de maïs sur 13.33m.
  • Pour un écartement inter-rangs de 80cm, comptez sur 12.5m.

Interprétation : Une perte de densité « modérée », de l’ordre de 10-12000 pieds pourra être compensée par le maïs (qui développera plus ses épis). En revanche, des densités de levée très faibles, doivent parfois déclencher la décision de resemer.

Par exemple, pour une densité < 50000 pieds/ha constatée avant la fin mai, il est plus judicieux de resemer.

5. Port des plantes

Le port décrit l’orientation des feuilles et se classe en trois catégories :

  • port dressé : feuilles majoritairement orientées vers le haut,
  • port demi-dressé / demi-retombant,
  • port retombant : feuilles majoritairement orientées vers le sol.

Ce critère influence la capacité de la culture à intercepter la lumière et à occuper l’espace.

Interprétation :Un port dressé va beaucoup mieux capter la lumière et agir comme un panneau solaire. Un port retombant va lui mieux couvrir l’inter-rang et donc limiter le salissement de la parcelle

  • Le port dépend de ce qui est attendu

L’ensemble de ces notations est synthétisé sous la forme d’un indicateur global, exprimé sur une échelle allant de 1 (vigueur de départ très faible) à 9 (vigueur de départ excellente).

  • Un maïs en retard de stade, de petite taille, pâle et sous-dense obtiendra une note faible. À l’inverse, une variété en avance, haute, dense et d’un vert foncé soutenu sera notée favorablement.

Interprétation : Si la note de vigueur de départ n’est pas bonne, et qu’en plus les conditions météorologiques à venir ne sont pas «poussantes», certains engrais foliaires peuvent permettre de rebooster les plantes.

Les autres observations à mener sur des maïs en début de cycle

 

Profondeur de semis

La profondeur de semis peut être estimée en mesurant la longueur cumulée du mésocotyle et du coléoptile. Une profondeur irrégulière impacte directement l’homogénéité de la levée et, par conséquent, la vigueur apparente.

  • On vise 3-4cm dans l’idéal.

Carences

Des maïs qui « passent par toutes les couleurs » après le sevrage sont le signe de carences.

Ces carences sont parfois «induites» : exemple de la carence de phosphore, maïs qui « rougissent », liée au froid qui bloque l’absorption du phosphore.

D’autres types de carences peuvent être observés : manque de magnésium (aspect « tigré ») ou de zinc (décoloration blanche), ou encore intoxication ammoniacale (feuilles jaunes et allongées).

  • En cas de carences en oligo-éléments, un rattrapage peut être fait avec un engrais foliaire (certaines formules peuvent être compatibles pour s’associer si besoin avec un désherbage de rattrapage).

 

Ravageurs

Les ravageurs du début de cycle sont relativement fréquents : taupins (trou au niveau de la base du pied), géomyzas (base du pied qui « poireaute »), oscinies (feuilles qui se « tortillent »), cicadelles (piqûres blanches sur les feuilles) ou vers gris (tige qui se casse à la base). Nous pouvons également parler des corvidés dans leur ensemble, de plus en plus nuisibles pour les maïs.

  • En cas de dégâts importants, il faudra réaliser des comptages de densité. En fonction de la date, si les comptages sont trop faibles, un re semis pourrait être envisagé.
  • Pour l’année suivante, les traitements de semences et/ou certains micro-granulés insecticides permettront de mieux sécuriser l’implantation.

Conclusion

La vigueur de départ constitue un indicateur clé du potentiel de rendement du maïs. Son observation précoce permet d’identifier les situations à risque et de mieux comprendre les dynamiques de la parcelle.

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